[Communiqué] Nous soutenons le député Aymeric Caron face aux propos indignes du Premier ministre Lecornu au dîner du CRIF
Le 26/02/26
Ce jeudi 19 février au dîner du CRIF organisé à Paris, le Premier ministre Sébastien Lecornu a prêté des propos inqualifiables et mensongers au député de la REV Aymeric Caron.
« … l’antisémitisme est revenu. Pas lentement. Pas à bas bruit. Mais brutalement. Il est revenu dans l’espace public. À la télévision. Dans les débats. Dans la parole politique. Il revient avec des mots, des expressions que l’on croyait ensevelis sous les ruines du 20e siècle : « Ils (les juifs) ne font pas partie de la même espèce humaine que nous. » Mais qui peut dire cela ? Ce ne sont pas des mots maladroits. Ce ne sont pas des excès de langage. Ce sont des mots qui ont une histoire. Une histoire de persécutions. Une histoire de déshumanisation. Une histoire de massacres. Qui peut écrire ces mots, aujourd’hui, en France ? Un chroniqueur médiatique. Devenu député de la République. » S.Lecornu
Le ministre Lecornu, prenant bien soin de ne pas nommer sa cible dans sa longue diatribe, en fait le descriptif suivant « un chroniqueur devenu député de la République » qui vise on ne peut plus clairement Aymeric Caron, député de la REV dans la 18e circonscription de Paris.
« ils (les juifs) ne font pas parti de la même espèce humaine que nous », dit-il. Nous lui retournons sa question : mais qui peut dire cela ?
Car ces propos, d’une extrême gravité dans la bouche d’un haut représentant de l’État, déshonorent l’homme et sa fonction. Ils sont une nouvelle tentative grossière de criminaliser un élu de la République et enfreignent les règles du droit et de la morale. Ce comportement irresponsable et antidémocratique, qui dans le contexte actuel ne doit pas être toléré, est un nouvel appel à la haine et à la violence, une nouvelle tentative outrancière de manipulation, instrumentalisant dans le même temps la lutte contre l’antisémitisme pour défendre la politique israélienne.
Une fois de plus, le député Aymeric Caron est l’une des cibles privilégiées du gouvernement français, comme tout autre soutien au peuple palestinien. Pourtant, la dénonciation des crimes d’Israël et l’utilisation du mot génocide pour qualifier les évènements abominables en cours à Gaza sont désormais partagées par nombre d’organisations internationales : commission d’enquête du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU selon la convention de 1948, Cour Internationale de justice, Amnesty International, Human Rights Watch, Médecins sans frontières, etc. Ne pas suivre les positions de ces expert·es en droit international, c’est cautionner les pires crimes de l’humanité.
Salir et manipuler, confondre antisémitisme et antisionisme comme une forme contemporaine d’antisémitisme, est un verbatim récurrent et une insulte à l’histoire des juifs d’Europe qui ne se reconnaissent pas dans l’abomination qui se déroule à Gaza, n’en déplaise au CRIF et au gouvernement complice.
Nous, la REV, condamnons fermement ce discours et continuerons de dénoncer, comme nombre d’associations juives françaises et internationales, tout amalgame entre la communauté juive et les crimes du gouvernement Netanyahou et de l’armée israélienne.
Nous ne pouvons pas taire la gravité de l’actualité politique en France, dans laquelle s’inscrit pleinement le discours du Premier ministre. Dans un contexte de complaisance et de complicité à l’extrémisme de droite, et alors qu’ont lieu des évènements internationaux alarmants, la conversion de ce gouvernement au trumpisme le plus débridé est intolérable.
Il est plus qu’urgent aujourd’hui de résister à la banalisation des mensonges des représentant·es de l’État, relayés publiquement par les médias de droite complaisants qui prennent le pouvoir en France. Par ailleurs, nous ne devons céder à aucune forme d’intimidation face aux attaques que subissent les défenseuses et défenseurs de la paix.
C’est pourquoi, de la même manière que nous défendons Francesca Albanese pour la campagne de diffamation dont elle est victime, relayée là encore, sans aucune forme de honte, par notre gouvernement, nous apportons notre plein soutien à Aymeric Caron face aux attaques du chef du gouvernement. Nous le soutenons comme président-fondateur et député de notre mouvement, mais aussi comme citoyen dont le seul « tort » serait de ne pas tolérer le génocide subi par le peuple palestinien depuis maintenant près de 3 ans.
Et parce que le sujet est grave, et que les déclarations du Premier ministre sont indignes de sa fonction, nous demandons solennellement sa démission.
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