Médicaments, déserts médicaux et faux-semblants : le diagnostic d'un quinquennat à bout de souffle
Le 04/05/26
Par Michelle DOISNEAU, journaliste indépendante, pour la REV (Révolution Écologique pour le Vivant)
Entre les tensions diplomatiques en Algérie et les manœuvres politiques pour 2027, le quotidien des Français semble relégué au second plan. Déserts médicaux massifs, hausse des accidents du travail et transition écologique irréaliste : le diagnostic de ce quinquennat révèle une fracture profonde. À l'heure où les postures remplacent l'action, il devient urgent de replacer la vie humaine au cœur d'une véritable écologie du vivant.
Emmanuel Macron en voyage en Algérie, alors qu’en France, la tension monte. Ce déplacement, censé être diplomatique, se transforme en champ de bataille politique à l’approche de la présidentielle de 2027. Bruno Retailleau a vivement critiqué le Président dans une lettre ouverte. En pointant du doigt la 'dépendance' envers l'Algérie, une partie de la classe politique réactive des réflexes coloniaux et un racisme latent pour masquer une faillite structurelle. Comme le souligne Mediapart, la 'grande hypocrisie' est là : l'État français compte sur ces praticiens étrangers pour faire tenir des hôpitaux qu'il refuse de financer, tout en les utilisant comme boucs émissaires dans des joutes verbales identitaires.
La politique des postures face à la réalité du terrain
La relation entre Emmanuel Macron et Bruno Retailleau a bien changé. Après des débuts que certains jugeaient prometteurs, Retailleau est resté au ministère de l'Intérieur un peu plus d'un an (du 21 septembre 2024 au 12 octobre 2025). Aujourd'hui, la rupture est consommée. Cette « scène de ménage » politique montre que les ambitions pour 2027 peuvent passer avant les dossiers de fond.
Pendant que les politiques se querellent, les Français souffrent. Le chiffre est sans appel : 85 % du territoire français est aujourd'hui un désert médical. Dans ces zones, se soigner devient un luxe ou un parcours du combattant.
Un bilan social lourd : des travailleurs oubliés
Ces deux quinquennats affichent aussi un bilan sombre sur la sécurité au travail. Mediapart et L’Humanité révèlent une souffrance généralisée : manque d'inspecteurs du travail, burn-out et suicides.
Ce mépris du vivant ne s'arrête pas aux frontières de l'espèce. Il y a un paradoxe frappant dans notre gestion de la 'force de travail'. D'un côté, on décore avec émotion un berger allemand tué au Liban, rappelant l'instrumentalisation de l'animal dans des conflits qui ne sont pas les siens. De l'autre, des centaines de travailleurs humains sont broyés chaque année sur l'autel de la rentabilité, dans un silence médiatique total. Ce n'est pas l'un contre l'autre, c'est l'un et l'autre : une même logique qui traite le vivant — qu'il soit humain ou animal — comme un simple matériel consommable et jetable.
L'écologie : entre impasse et factures en hausse
Sur le plan environnemental, le bilan est tout aussi fragile. Pour Reporterre, les huit premières années, de 2017 à 2025, ont mené la France à une impasse. Les projets de transition sont souvent jugés irréalistes par les experts. Par exemple, le plan d'électrification massive pourrait avoir un coût social énorme : si la sortie du gaz n'est pas mieux préparée, la facture annuelle d'énergie des ménages pourrait augmenter de 53 % dès 2030. C'est une écologie punitive qui menace les plus précaires.
Conclusion : Pour une véritable chaîne du vivant
Remettre le vivant — et pas seulement l'humain — au cœur du projet politique, c'est refuser cette hiérarchisation arbitraire. L'écologie que nous défendons est une chaîne interconnectée. Une écologie qui ignore la souffrance de l'ouvrier, l'exploitation de l'animal ou les racines racistes des débats migratoires est une écologie vide. Elle doit devenir le bouclier de tout ce qui respire contre un système qui ne voit que des chiffres.
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