Aller au contenu
Je fais un don Je rejoins la REV
Retour aux actualités

par Jean-Loup Diaz, membre de la REV


Ce qu'avaient prévu ses précurseurs est arrivé : l'écologie est aujourd'hui récupérée, dénaturée, vidée de sa substance. On le constate régulièrement dans les faits et lors de discussions.

En tenant compte de l'évolution du mot qui dans le langage courant se confond avec écologisme (militantisme en faveur d'un monde écologique) on peut définir  ainsi l'écologie :

  • elle est une science, branche de la biologie.
  • elle est une méthode de pensée, globale ou systémique  s'appuyant sur les principes de l'écologie scientifique.
  • elle est une philosophie qui étudie les rapports avec la nature (Thoreau) et les hommes (Illich) et qui propose une éthique (le principe responsabilité de Hans Jonas).

S'appuyant sur ces bases théoriques, l'écologisme est entré dans le champ politique pour défendre les valeurs qui en découlent : respect de la vie, respect des autres, convivialité, solidarité, frugalité. Malheureusement pour elle, l'écologie politique, à l'origine généreuse et idéaliste, a vite été rattrapée par la réalité politique (conflits liés aux ambitions personnelles, problèmes liés aux alliances, etc...) avant d'être récupérée par des partis traditionnels.

Le naufrage de l'écologie politique

‭Pour cela, on ne peut plus compter sur l'écologie politique qui s'est complètement décrédibilisée.

‭Créés en 1984, les Verts voulaient faire de la politique autrement. Ils ont complètement échoué. Certains cadres, par opportunisme et à cause de la faiblesse de leurs convictions écologistes, ont choisi de soutenir ou de rejoindre des gouvernements dont la plupart des actions ont été aux antipodes des principes de l'écologie. 

‬À l'Assemblée nationale, le groupe d'EELV a disparu. En 2010, près des deux tiers des adhérents ont quitté le parti. Faute d'une ligne politique claire, on ne voit pas les Verts se redresser prochainement.

Pour peser dans le champ politique, l'écologie doit prendre d'autres chemins. Les partis ont fait leur temps, aux citoyens d'agir.             

Qu'est donc un écologiste ?

C'est, dans le premier sens du mot, un spécialiste de l'écologie, c'est-à-dire d'une science qui étudie les milieux (et les êtres qui y vivent) en tenant compte des rapports, des interactions qui les lient. Sur le plan de la pensée, l'écologie a été une révolution, elle a apporté la notion de liens, de globalité et de complexité. L'originalité de l'écologie est de proposer une forme nouvelle de pensée.

En dehors des spécialistes, toute personne qui se dit écologiste applique cette démarche intellectuelle qui consiste à lier les questions et avoir une vision sur le long terme.

Dans les activités humaines, l'application pratique de l'écologie est le développement soutenable qui lie les problèmes environnementaux, sociaux et économiques.   

L'histoire de l'écologisme le prouve : ses fondateurs n'ont pas été seulement des défenseurs de la nature, mais aussi des féministes, des partisans du partage du travail...

La Nature ne constitue pas pour l'écologiste une religion nouvelle mais la prise en compte des enseignements de l'écologie scientifique. Contrairement à la pensée occidentale ancienne, basée sur l'idée de domination de l'homme sur l'homme, la nature et l'animal, la pensée complexe à laquelle se réfèrent les écologistes (et qui s'appuie aussi sur les travaux de Darwin sur l'évolution) conduit à respecter le vivant (végétal et animal) dans un souci d'équilibre des écosystèmes pour des raisons éthiques. L'écologiste fait le choix de la vie et ne se résigne pas à voir celle-ci disparaître dans un futur plus ou moins proche.

Il ne se soucie pas seulement du bien-être des humains. En ce qui concerne les êtres non humains, la vision biblique qui était la règle avant Darwin ne peut plus être défendue aujourd'hui. Les découvertes en éthologie ont bousculé les croyances anciennes : on sait que l'ADN des grands singes est très proche du nôtre, que l'intelligence animale existe et la sensibilité à la douleur a été prouvée. 

L'écologie politique est devenue aujourd'hui un champ de ruines. 

Son bilan est désastreux : au cours des trente dernières années, l'état écologique de la France  n'a cessé de se dégrader.

Tout était à reconstruire sur les valeurs citées plus haut.

La REV (Révolution Ecologique pour le Vivant) qui a été créée en 2018 a déjà beaucoup travaillé :

  • Solidarité : entre générations, avec les autres peuples, lutte contre les inégalités.
  • Frugalité entre générations, avec d'autres peuples, lutter contre l' inégalité.
  • Démocratie, avec la fin de la professionnalisation des politiques afin de faire disparaître le carriérisme.
  • Elle  est pour la fin de la chasse, de la pêche, de la corrida, etc...

Il faudra être plus puissant lors des votes pour mener des actions écologiques efficaces.

Cela sera sans doute un peu long. Mais c'est possible si on le veut.  

Vos commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article

Laisser un commentaire

Enregistrer mes informations dans le navigateur pour les prochains commentaires