Réconcilier l'homme avec la nature
Le 15/01/26
Par Jean-Loup Diaz membre de la REV
En se retrouvant seul devant l'immensité de la mer, en traversant une forêt pleine de mystères, en regardant le ciel étoilé une belle nuit d'été, l'homme sage avait compris que la Nature en savait plus que lui. L'homme de la société industrielle avancée n'a pas accepté cette réalité. Il a voulu dominer la Nature, conquérir des territoires, imposer sa loi à des peuples qu'il appelait sauvages. Il a cru pouvoir domestiquer les fleuves, il a pollué les océans, chassé les animaux de leur forêt, de leur prairie, mis en péril le vivant partout où il est passé.
C'est en constatant la dégradation des espaces naturels, la succession des pollutions touchant les rivières et les mers, l'air et les sols, les atteintes à la biodiversité, la multiplication de violentes tempêtes, d'ouragans et d'inondations, qu'on a pris conscience à la crise écologique. Celle-ci impose au plus vite une réconciliation de l'homme avec la nature.
Réconcilier l'homme avec la nature, ce n'est pas un retour vers le passé, c'est donner au futur la possibilité d'exister. Quels rapports voulons-nous avoir avec la nature ? Pourquoi cette question est-elle essentielle ?
Parce que la civilisation occidentale qui a réussi à faire évoluer favorablement les rapports humains en passant, étape après étape, de la domination la plus abjecte, l'esclavage, à l'idée de liberté et d'égalité entre les hommes et les femmes (certes imparfaitement appliquée jusqu'à ce jour) n'a cessé de domestiquer la nature, de la modifier en profondeur, causant ainsi la disparition d'espèces animales et végétales, ce qui a eu les conséquences que l'on connaît.
En ce qui concerne le comportement humain vis-à-vis des animaux, il s'est à la fois appuyé sur le principe de domination et sur une idée fausse pendant des siècles : celle de leur insensibilité à la douleur. Au nom de cette croyance, des actes de barbarie ont été exercés sur eux et continuent d'être pratiqués.
Rares sont les cultures qui ne donnent pas la prépondérance à l'homme. Le bouddhisme, par exemple, enseigne qu'on doit vivre en symbiose avec la nature, qu'il faut s'intégrer au milieu, respecter et protéger tout ce qui vit. En Europe, il a fallu attendre longtemps pour faire comprendre aux hommes que leur comportement doit tenir compte des lois qui régissent le fonctionnement de la vie. Le biologiste américain Barry Commoner avait défini les principes de l'écologie dans son livre L'encerclement, écrit en 1971. L'un d'eux affirme que « la nature sait », ce qui signifie qu'elle en sait plus que l'homme.
Nous savons depuis Darwin que la nature ne cesse d'inventer et de s'adapter. De nombreuses inventions ont été inspirées par elle : la ventouse a donné l'idée du velcro, la luciole celle de l'augmentation du rendement lumineux, les ailes ont inspiré les machines volantes, des matériaux copient la soie de l'araignée... On pourrait ainsi allonger la liste à l'infini. Des travaux de chercheurs ont prouvé que l'intelligence animale est une réalité. Chez les grands singes, les dauphins, les éléphants, les pies et les corbeaux, les perroquets, elle est étonnante. On sait que les rats, les cochons, les pieuvres sont capables de raisonner, que les insectes sociaux, les abeilles par exemple, ont une intelligence collective remarquable. De quel droit certains humains se permettent-ils de les faire souffrir ou de les tuer ?
Toutes ces connaissances nouvelles et l'état actuel de la planète nous imposent d'avoir des rapports différents avec la nature et tout ce qui vit. Le temps de l'homme prédateur et destructeur est dépassé.
L'homme émancipé vivra en osmose avec la Nature.
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