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Tribune parue sur Savoir-Animal.fr


1600 milliards. Ce chiffre aberrant correspond à l’estimation du nombre de poissons pêchés chaque année pour notre consommation. Dans le même temps, 90% des grands poissons migrateurs ont disparu en 50 ans, notamment du fait de la surpêche. La désertification de la faune marine combinée à la pollution est telle que si nous ne faisons rien, en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans. Et pourtant, la pêche, notamment industrielle, continue d’être encouragée par les politiques nationales, européennes et internationales. À l’occasion de la Journée mondiale de la fin de la pêche, nous alertons sur la nécessité écologique et éthique d’en finir avec cette pratique.

La consommation de poissons n’est pas une nécessité sanitaire

C’est admis par de nombreux experts dans le monde : la consommation de produits animaux n’est pas une nécessité pour vivre en bonne santé. La conclusion de l’Academy of Nutrition and Dietetics, une association de 67 000 diététiciens américains, est sans équivoque : bien mené, un régime végétalien est adapté à tous les âges de la vie et peut même présenter des avantages dans la prévention et le traitement de certaines maladies. Concernant le poisson, sa consommation peut même s’avérer néfaste au vu du contexte de pollution. En 2022, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a notamment alerté sur la présence de dioxines, de PCB ou de méthylmercure dans le poisson consommé. Ceci dit, il est donc tout à fait possible, voire recommandé, de se passer des poissons dans nos assiettes. Mais alors, pourquoi continuer de les pêcher ?

Les poissons, ces grands oubliés de la cause animale

Les poissons souffrent, sont doués d’intelligence, entretiennent des rapports sociaux avec leurs congénères et ressentent des émotions. C’est désormais parfaitement reconnu par l’ensemble de la communauté scientifique. Et pourtant, parce qu’ils ne crient pas, parce que leur habitat n’est pas le nôtre, parce qu’ils ne nous ressemblent pas, ces grands oubliés de la cause animale souffrent d’une certaine discrimination, y compris de la part de certains animalistes qui leur préfèrent bien souvent les chats et les chiens. La REV, en tant que parti antispéciste, défend une égalité de considération envers l’ensemble des animaux sentients, quelle que soit leur espèce. Comme les cochons ou les vaches, les poissons ont le même intérêt à vivre et à ne pas souffrir. Nous devons les respecter.

Première étape urgente : mettre fin au chalutage dans les zones protégées

L’Europe s’était fixée un objectif de protection de 30% de ses eaux d’ici à 2030 en définissant des zones marines protégées (AMP). Or, et contrairement à ce qu’avait pourtant affirmé le le secrétaire d’État à la mer Hervé Berville dans une émission sur France 2 en novembre dernier, ces zones continuent d’être exploitées par les chalutiers géants. Ces exceptions à la réglementation ont précisément été appuyées par certains États membres, dont la France. Ainsi, on apprend dans un rapport publié il y a quelques jours par l’ONG Bloom, qu’en 2023 les fonds marins de 60% des AMP sont toujours pillés par ces immenses navires, qui pour les plus gros y capturent jusqu’à 400 tonnes de poissons par jour. La France détient même le record avec une aire marine protégée la plus chalutée d’Europe. Cette pratique, véritable fléau pour la biodiversité et pour la condition animale, doit cesser de toute urgence.

La pêche industrielle : une pratique absurde

Avec l’arrivée de méga-chalutiers de pêche de plus de 100 mètres de long et d’une capacité de 400 000 kilos de poissons capturés par jour, la démesure de la pêche industrielle mène les mers et océans à la catastrophe. Chaque année, 300 000 mammifères marins sont capturés ou meurent asphyxiés à cause des filets de pêche. Selon la WWF, 40% des prises concernent des espèces qui n’étaient pas ciblées à l’origine, et qui se retrouvent relâchées, blessées ou mortes “pour rien”. Dans le Golfe de Gascogne, l’équivalent du tour de la planète en filets de pêche (45 000 km) est posé chaque jour, tuant 10 000 animaux par an sur ce seul secteur. De la même manière que les élevages intensifs doivent être fermés, la pêche intensive doit être interdite dans les plus brefs délais.

Il n’y a pas de pêche durable

Véritables pompes à carbone, les océans sont des régulateurs indispensables pour faire face au réchauffement climatique. Détruire ces joyaux de biodiversité est un non-sens écologique, en plus d’être une aberration éthique. Et même si la surpêche est la première cause de cette catastrophe, la pêche artisanale, avec ses nouvelles techniques toujours plus invasives et/ou polluantes (usage d’explosifs, pêche au cyanure…) et ses engins laissés au fond de l’eau, n’est pas en reste sur le plan écologique.

Selon la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), la pêche, toutes pratiques confondues, est la première cause de destruction des écosystèmes marins. Face à nos connaissances actuelles sur la sentience des poissons, sur les enjeux écologiques et sur nos capacités à végétaliser notre alimentation, nous avons la responsabilité morale de défendre, à terme, la fin de toutes les pêches. Déjà victimes de la sécheresse et de la canicule, les poissons doivent être préservés, non pas pour notre loisir ou notre plaisir gustatif, mais bien pour leur propre survie.

Pour ce faire, nos responsables politiques doivent interdire la pêche de loisirs, mais aussi accompagner les professionnels dans leur reconversion vers une activité 100% végétale, écologique et respectueuse du vivant. De la même manière que nous militons pour l’abolition de la chasse et des élevages d’animaux terrestres, nous défendons une société vertueuse, sans pêche. La pêche durable n’existe pas.


Révolution Écologique pour le Vivant (REV)


Sources :

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